Le 28 novembre 2025, l’ONG YOUTH AWAKE, en collaboration avec l’ONG Entrepreneur du Monde dans le cadre du Festival Alimenterre, a organisé une projection-débat du film « À la vie, à la terre : Cameroun, terre des femmes » dans le village d’Agbanakin. Cette activité s’inscrit à la fois dans le projet R4C qui accompagnent les communautés du littoral dans la protection de leur environnement et le renforcement de leur résilience face aux effets du changement climatique et dans un autre programme visant à lutter contre l’utilisation des pesticides chimiques. Agbanakin, situé à Aného, est aujourd’hui confronté à une disparition alarmante des mangroves, un écosystème essentiel à la stabilité du littoral, à la reproduction des poissons, à la protection contre l’érosion et à la survie économique des populations. À cette menace écologique s’ajoute l’usage croissant de pesticides chimiques dans leurs cutures maraîchères, qui dégrade les sols, pollue les eaux, nuit à la santé des habitants, affecte les végétaux ainsi que les animaux aquatiques et fragilise encore davantage l’équilibre naturel. Ces produits toxiques empêchent non seulement la croissance des poissons, mais aussi celle des jeunes mangroves, compromettant directement les efforts de restauration et de conservation en cours.
Le film présenté met en lumière le combat de femmes africaines pour la défense de leurs terres, la préservation des écosystèmes et une gestion équitable des ressources naturelles. Les enjeux abordés – accaparement des terres, dégradation des sols, impacts des pesticides, difficultés des agricultrices et gouvernance foncière – trouvent une résonance immédiate dans la situation vécue par les habitants d’Agbanakin. La communauté reconnaît que l’exploitation abusive du bois de mangrove, l’avancée de la mer, l’usage de produits chimiques dans l’agriculture et les effets cumulés du changement climatique menacent gravement leur milieu de vie. L’usage de pesticides, en perturbant les cycles de reproduction des poissons et en empêchant la régénération naturelle des mangroves, accentue encore la vulnérabilité déjà croissante du village.
La projection a été suivie d’un débat participatif au cours duquel la communauté, les femmes, les jeunes et les autorités traditionnelles ont échangé librement sur les défis environnementaux auxquels fait face le village. Les discussions ont mis en évidence la disparition rapide des mangroves, les risques d’inondation, la pollution liée aux pesticides, les impacts sur les activités agricoles et halieutiques ainsi que les risques sanitaires pour la population. Les participants ont insisté sur la nécessité de promouvoir des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, de réduire l’usage des produits toxiques et de renforcer la sensibilisation sur les effets destructeurs des pesticides sur les poissons et sur la végétation littorale. Ils ont également souligné l’importance d’impliquer davantage les femmes dans les décisions concernant la gestion des terres et de l’environnement, et de mettre en place des initiatives locales de reboisement, de gestion durable et d’éducation environnementale.
Cette activité a contribué à renforcer la mobilisation locale autour du projet R4C et à accentuer la prise de conscience sur l’urgence d’agir collectivement pour préserver les mangroves et réduire l’usage des pesticides chimiques. Elle a mis en valeur la capacité des habitants d’Agbanakin à s’organiser, à réfléchir ensemble à des solutions durables et à s’engager pour protéger leur territoire. En associant cinéma, débat et participation citoyenne, cette initiative renforce la conscience environnementale et soutient les efforts du village pour bâtir un avenir plus sain, plus résilient et véritablement durable.














